vendredi 18 octobre 2013

- Théories de l'adaptation -


     Je suis sans doute la moins bien placée pour parler d’adaptation. Imaginez une petite fille entrant en maternelle, cramponnée à son doudou dans un coin, sanglotant en silence. Cette petite fille, c’était moi. Mignon à trois ans, beaucoup moins quand cette petite fille entre en prépa / à la fac / à  Kent Uni /à SciencesPo (Le doudou en moins, quand même)(Je devrais ajouter un lien LinkedIn après avoir balancé mon CV de la sorte) 



    Et pourtant, j’écris ces mots sur la terrasse d’un ashram au fin fond de l’Uttar Pradesh, pieds nus, entourée d’indiens qui ne parlent pas un mot d’anglais et encore moins de français, en attendant de manger – avec les doigts – un plat dont je ne maitrise pas vraiment la prononciation et encore moins la préparation !



     Je suis une attardée de l’adaptation, je déteste la nouveauté, les changements brutaux, ne pas maitriser ce qui se passe autour de moi. Je déteste ne pas pouvoir me rendre dans MON Monoprix, acheter MON cacao et MON lait pour me faire un chocolat chaud, sans oublier de passer par MA caisse préférée parce que c’est celle où il y a MES chewing-gums. Et pourtant, je suis parfaitement heureuse à Bargarh, où je ne trouve ni chewing-gum gum ni cacao, où acheter deux bouteilles d’eau demande des heures de planification stratégique. Parfaitement heureuse en Inde avec mon unique sac à dos de 40l pour quatre mois, en sachant très bien que je peux oublier mon Petit Marseillais pour cheveux blonds.



    Le secret, c’est peut-être de ne pas essayer de s’adapter, et laisser couler. Regarder les étoiles le soir, le goût du sel sur les lèvres et Chori Chori Dillegawi en fond sonore. 


Adaptation à l'environnement in situ.

1 commentaire:

  1. Cette photo illustre très bien l'adaptation caméléon: peau rouge sur fond rouge. Bravo!

    RépondreSupprimer