Je suis sans doute
la moins bien placée pour parler d’adaptation. Imaginez une petite fille entrant
en maternelle, cramponnée à son doudou dans un coin, sanglotant en silence.
Cette petite fille, c’était moi. Mignon à trois ans, beaucoup moins quand cette
petite fille entre en prépa / à la fac / à Kent Uni /à SciencesPo (Le doudou en moins,
quand même)(Je devrais ajouter un lien LinkedIn après avoir balancé mon CV de la sorte)
Et pourtant, j’écris
ces mots sur la terrasse d’un ashram au fin fond de l’Uttar Pradesh, pieds nus,
entourée d’indiens qui ne parlent pas un mot d’anglais et encore moins de
français, en attendant de manger – avec les doigts – un plat dont je ne
maitrise pas vraiment la prononciation et encore moins la préparation !
Je suis une
attardée de l’adaptation, je déteste la nouveauté, les changements brutaux, ne
pas maitriser ce qui se passe autour de moi. Je déteste ne pas pouvoir me
rendre dans MON Monoprix, acheter MON cacao et MON lait pour me faire un
chocolat chaud, sans oublier de passer par MA caisse préférée parce que c’est
celle où il y a MES chewing-gums. Et pourtant, je suis parfaitement heureuse à
Bargarh, où je ne trouve ni chewing-gum gum ni cacao, où acheter deux
bouteilles d’eau demande des heures de planification stratégique. Parfaitement
heureuse en Inde avec mon unique sac à dos de 40l pour quatre mois, en sachant
très bien que je peux oublier mon Petit Marseillais pour cheveux blonds.
Le secret, c’est
peut-être de ne pas essayer de s’adapter, et laisser couler. Regarder les étoiles
le soir, le goût du sel sur les lèvres et Chori Chori Dillegawi en fond sonore.
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| Adaptation à l'environnement in situ. |

Cette photo illustre très bien l'adaptation caméléon: peau rouge sur fond rouge. Bravo!
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